Un moyen de gérer la santé publique de façon concertée
Par etoile, mardi 27 février 2007 à 11:59 :: General :: #11 :: rss
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D'année en année les primes ont augmenté (70%), plus vite que les dépenses de santé (40%). Elles sont un impôt individuel dont la charge devient insupportable pour les familles, les bas revenus, les sans-travail. Les subsides soulagent les assurés à revenu modeste tout en chargeant les finances publiques. |
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Il nous est donc proposé par initiative de modifier complètement les principes de base de l'assurance maladie obligatoire en créant une caisse unique, financée par des primes fixées en fonction de la capacité économique des assurés et dirigée par des représentants des trois acteurs principaux: les pouvoirs publics, les assurés et les prestataires de soins. Il resterait aux caisses actuelles (plus de 80 en Suisse...) l'assurance complémentaire non obligatoire dans laquelle le principe de concurrence pourrait s'exprimer. En 2003, les médecins romands avaient déjà proposé une stricte séparation entre assureurs de base (LAMal) et assureurs de complémentaires. Les prises de position des initiants et des opposants discutent presque exclusivement des aspects économiques et financiers du problème. Mais qu'en pensent les assurés, les patients des médecins de premier recours? Qu'entendons-nous dans nos cabinets? La qualité des soins fournis est la première préoccupation des patients. Bien sûr aussi la possibilité d'y accéder, c'est-à-dire la disponibilité du médecin. Etre entendu dans sa plainte, dans sa problématique, dans son souci ou sa préoccupation, pouvoir bénéficier des techniques modernes de diagnostic et de traitement dont les médias se font abondamment l'écho, voilà ce que nos patients souhaitent, en plus de pouvoir être reçus rapidement sinon tout de suite... Mais la médecine actuelle est aussi perçue comme une jungle, un très vaste domaine où il est difficile de s'orienter, même avec Internet. Et il faut pouvoir aborder toute la problématique psychosociale, si peu médiatique mais si importante dans la vie des gens. Il faut donc un guide, un interlocuteur, un confident souvent, avec qui dialoguer pour comprendre, pour se traiter, pour trouver la solution à ses problèmes de vie. Il me faut non seulement un médecin mais mon médecin à qui je pourrai faire confiance, avec qui je serai à l'aise même dans les problèmes les plus intimes... Avoir son médecin, vivre cette relation personnalisée au fil des années, voilà qui est prioritaire pour la plupart de nos patients. Bien sûr, payer des primes plus modestes est très souhaité, mais un sondage récent a montré que la majorité des assurés tient plus à garder son médecin qu'à en changer pour obtenir une réduction de prime. Il faut aussi souligner que l'irruption des principes de l'économie de marché dans l'assurance maladie a fait disparaître la notion de solidarité qui pourtant en avait fait la base initialement. On s'était groupé dans des «mutuelles» pour faire face, ensemble, aux coups durs de l'existence humaine. Aujourd'hui on est obligé de s'assurer, on paie des primes élevées, et donc, logiquement, on consomme pour obtenir un retour sur les sommes versées. La chasse aux bons risques si souvent reprochée aux assureurs est une autre illustration de cette perte de solidarité. Et qu'attend le médecin de famille? Il ne peut pas concevoir l'établissement de ce lien de confiance malade-médecin sans liberté de pratique. Si un jour l'obligation faite aux caisses de contracter avec tous les médecins ayant droit de pratique était supprimée, l'établissement de ce lien et son maintien au long des années serait compromis, voire impossible. Ce sont les assureurs qui décideraient arbitrairement chez quel médecin se rendre et non les patients! Liberté de pratique ne signifie pas liberté de faire n'importe quoi. Il faut (et c'est déjà le cas) que l'activité du médecin soit contrôlée, vérifiée, mais par les instances médicales et non par les assureurs qui ne peuvent en apprécier que le caractère économique. C'est prioritairement à son patient que le médecin doit rendre compte de son travail et non aux assureurs. L'introduction du tarif unifié Tarmed s'est signalée par sa lourdeur administrative. Il serait bien souhaitable qu'elle soit simplifiée, pour que le médecin retrouve du temps à consacrer à son patient et à sa famille. La caisse unique proposée tient-elle compte de ces priorités? Elle supprime le libre choix de l'assureur mais garantit celui du médecin. Basée sur l'obligation de s'assurer, elle doit ipso facto contracter avec tous les médecins ayant droit de pratique. Abandonnant le principe d'(illusoire) concurrence, elle rétablit la solidarité face à la maladie. Elle permet d'envisager une transparence dans la gestion des frais de santé: la présence dans ses organes dirigeants des trois acteurs principaux (pouvoirs publics, assurés, fournisseurs de soins) est un garde-fou et un moyen de gérer la santé publique de façon enfin concertée. Enfin, la caisse unique ne promet pas une diminution des primes... mais, tous les acteurs étant impliqués dans sa gestion, elle permettra d'en comprendre l'évolution et par là d'opter pour les choix que la société sera amenée à faire: quel catalogue de prestations? Quelle utilisation des techniques de pointe? Quel équipement hospitalier? Questions importantes à résoudre dans un proche avenir et qui concerneront la société tout entière et pas seulement le corps médical. Source: letemps.ch |

Gilbert Villard et Jean-Paul Studer, du groupe de presse de l'Association neuchâteloise des médecins omnipraticiens (ANMO), motivent leur adhésion à la solution de la caisse unique. La LAMal, entrée en vigueur il y a dix ans, se voulait une loi sociale, assurant à tous la meilleure qualité de prise en charge en cas de maladie. Elle devait aussi permettre un contrôle des coûts en recourant au principe de la concurrence, principal facteur de régulation dans l'économie de marché. Tout en rendant l'assurance maladie obligatoire, elle maintenait les primes par tête, comme lorsque l'assurance était volontaire. 
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