-Les raisons de cet état sont dans les ressources  faibles de l'homme. J'aime à donner un exemple un peu primitif, mais très exceptionnel : si une batterie de stockage ne se charge pas assez de temps, elle cessera de fonctionner très vite. Notre psychique est semblable à une «batterie de stockage » : des émotions positives, des sentiments, une expérience d'enfance positive, l'amour des parents - c'est notre « charge ». Des stress quotidiens, des conflits, des pertes - c'est notre « décharge ». Il est très important de trouver l'équilibre de tout ce qui se passe dans notre vie.

- Mais c'est une situation sans issue. S'il n'y a aucun moment positif, il n'y a que des « décharges » - une « panne »  est sûre ?

- Oui, mais il ne faut pas oublier que vous pouvez vous  « charger» ou vous ressourcer vous-même. Quand nous nous rappelons des moments agréables de notre vie nous nous ressourçons. Ou un autre exemple – l'amour pour la nature. En passant du temps dans une forêt ou au bord d'une rivière vous pouvez non seulement contempler la sagesse et la beauté de la nature, mais également vous ressourcer d'énergie positive ! Mais il faut  apprendre à le faire. Cesser  de remarquer (à première vue) des phénomènes ordinaires et  apprendre à se ravir- est très difficile. A Moscou j'ai fait connaissance avec un mastodonte de la psychothérapie Marc Brouno. Il est  l'auteur de la méthode « Thérapie par l'expression créative de l'individu ». Il est aussi un photographe passionné. Il prenait des photos remarquables dans un parc ordinaire: un moineau qui exprime du bonheur, des  arbres rouges et jaunes au feuillage tombant. Mais la plupart des gens passent dans ce parc et ne voient pas cette beauté. Parfois ils ne voient pas même la vie elle-même.

- Ça signifie que pour retrouver le goût de  la vraie vie il faut aller au parc avec un appareil photo,  dormir tout le temps ou se rappeler des moments agréables?

- Il est nécessaire d'apprendre à jouir de ces moments simples de l'existence, qui étaient, sont et seront toujours avec nous. Il faut activer notre  sagesse interne. Car très souvent nous regardons et ne voyons pas. Nous parlons, mais n'entendons pas. Nous connaissons, mais ne percevons pas. Ce qui est le plus important c'est de DÉSIRER DES CHANGEMENTS !

- Vous parlez très bien, mais la réalité est beaucoup plus sévère. Par exemple mon amie a perdu le sens de la vie. Elle n'a pas eu de pertes trop graves, mais elle vit  « automatiquement ». Elle le constate elle même. Comment l'aider dans cette situation?

- Tout dépend de son attitude face à cette situation. Si elle désire vraiment changer sa situation, elle trouvera les forces de le faire. Elle doit seulement trouver un bon psychologue ou un psychothérapeute.  Il ne faut jamais essayer de résoudre ses propres problèmes sans l'assistance d'un  spécialiste car ils peuvent renaître par une grave MALADIE. Parfois il suffit au patient d'une seule réponse à sa question. Mais parfois on a besoin de séances directes de psychothérapie.